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Maison non conforme : par quoi commencer pour l'électricité, les priorités essentielles

02/06/2026
Maison non conforme : par quoi commencer pour l'électricité, les priorités essentielles
Maison non conforme : priorités pour la mise en conformité électrique. Différentiels, terre et circuits sous 18 mois

Vous venez de signer l'acte de vente et le rapport de contrôle électrique tombe comme un couperet : votre nouvelle maison présente de multiples infractions au RGIE. Cette situation concerne près d'un achat immobilier sur trois en Belgique, particulièrement pour les habitations construites avant 1981. Face à cette liste d'anomalies parfois longue et technique, il est normal de se sentir dépassé. Pourtant, avec une approche méthodique et les bonnes priorités, la mise en conformité de votre installation électrique devient parfaitement gérable. Chez SG-Engineering à Florennes, nous accompagnons régulièrement des propriétaires dans cette démarche complexe, en leur proposant une méthode structurée en trois étapes clés pour reprendre le contrôle de la situation dans le respect du délai légal de 18 mois.

  • Priorité absolue aux protections différentielles : installer un différentiel général de 300 mA (type A minimum, calibre 40 A avec bornes scellables) et des différentiels 30 mA pour les pièces humides (maximum 8 circuits terminaux par différentiel)
  • Mise à la terre obligatoire sous 30 ohms : si votre résistance dépasse cette valeur, des mesures compensatoires spécifiques s'imposent (au moins 2 différentiels 30 mA en aval avec maximum 16 prises par différentiel jusqu'à 100 ohms)
  • Circuits spécialisés pour chaque gros électroménager : un circuit dédié protégé par disjoncteur 20 A pour chaque appareil énergivore (lave-linge, four, lave-vaisselle) est désormais obligatoire
  • Recontrôle par le même organisme impératif : en cas d'échec, vous disposez de 12 mois à compter de la date de ce contrôle négatif (et non de l'acte) pour corriger les anomalies

Décrypter votre rapport de contrôle électrique dès la première semaine

La première étape cruciale consiste à comprendre précisément ce que vous indique votre rapport de contrôle. Chaque infraction mentionnée fait référence à un article spécifique du RGIE, le Règlement Général sur les Installations Électriques restructuré en juin 2020. Par exemple, l'article 86.03 signale une absence de mise à la terre, tandis que l'article 101.02 indique une protection différentielle insuffisante. Cette codification peut sembler complexe, mais elle permet d'identifier immédiatement le niveau de gravité de chaque anomalie.

Il est essentiel de distinguer les infractions majeures liées à la sécurité immédiate des infractions mineures à caractère plutôt administratif. Les premières incluent l'absence de dispositif différentiel, une terre défectueuse avec une résistance supérieure à 30 ohms, ou des conducteurs à nu représentant un risque d'électrocution. Les infractions mineures concernent généralement l'étiquetage manquant, les schémas absents ou la fixation inadéquate de certains câbles (toutefois, pour les installations antérieures au 1er octobre 1981, certaines exceptions existent comme le maintien de prises non mises à la terre si leur alimentation ne contient pas de conducteur de protection). Cette distinction vous permettra d'établir un ordre d'intervention logique et efficace.

Établir votre ordre de priorité absolu pour une maison non conforme électricité

Une fois votre rapport décrypté, vous devez impérativement hiérarchiser les travaux selon leur importance pour la sécurité. La priorité numéro un concerne toujours les protections différentielles. Votre installation doit comporter un différentiel de 300 mA maximum en tête d'installation (qui doit être scellable aux bornes d'entrée et de sortie avec un calibre d'au moins 40 A et de type A minimum, voire type B en présence de courants de fuite DC supérieurs à 6 mA), complété par des différentiels de 30 mA pour les pièces humides comme la salle de bain. Ces dispositifs coupent automatiquement le courant en cas de fuite électrique, protégeant ainsi les occupants contre l'électrocution. Attention, chaque différentiel 30 mA ne peut protéger plus de 8 circuits terminaux selon le RGIE.

La deuxième priorité porte sur la mise à la terre. La résistance de dispersion doit être inférieure ou égale à 30 ohms selon le RGIE. Si votre installation dépasse cette valeur, des mesures compensatoires deviennent obligatoires : entre 30 et 100 ohms, l'installation d'au moins deux différentiels supplémentaires de 30 mA en aval du différentiel principal est requise, avec un maximum de 16 socles de prises derrière chaque différentiel. Au-delà de 100 ohms, des piquets de terre supplémentaires sont obligatoires sous peine de refus de l'installation. Le tableau électrique et les circuits obligatoires arrivent en troisième position, suivis des liaisons équipotentielles dans les salles d'eau qui relient tous les éléments conducteurs pour éviter les différences de potentiel dangereuses.

Les schémas unifilaire et de position, bien qu'administrativement indispensables pour obtenir votre certificat de conformité, peuvent être réalisés en dernier. Sans ces documents techniques représentant vos circuits et la localisation des éléments électriques, l'organisme de contrôle ne pourra cependant pas valider votre installation.

À noter concernant les salles de bain : Depuis le 1er mars 2025, le RGIE a modifié les volumes de sécurité. Seuls les volumes 0, 1 et 2 subsistent pour les baignoires et uniquement les volumes 0 et 1 pour les douches. L'espace de la salle de bain est maintenant délimité par un plan vertical à 4 mètres depuis l'arrivée d'eau fixe. Le volume 3 a disparu au profit du concept d'espace, avec une différence importante : pour déterminer les volumes, portes et fenêtres sont considérées ouvertes, alors qu'elles sont fermées pour définir l'espace physique. Tout matériel électrique dans cet espace doit être protégé par un différentiel 30 mA installé obligatoirement dans un tableau à l'extérieur de la salle de bain.

Organiser méthodiquement vos travaux de mise en conformité électrique

Dès la deuxième semaine suivant l'achat, contactez plusieurs électriciens agréés pour établir des devis comparatifs. Vérifiez systématiquement leur inscription à la Banque-Carrefour des Entreprises pour vous assurer qu'ils disposent bien de l'accès à la profession pour les activités électrotechniques. Sollicitez au minimum trois à quatre professionnels pour comparer non seulement les prix, mais aussi le détail des interventions proposées et les délais d'exécution. N'hésitez pas à consulter notre service spécialisé de mise en conformité électrique pour obtenir un diagnostic précis des travaux nécessaires.

Les coûts de mise en conformité varient entre 1000 et 7000 euros selon l'ampleur des travaux nécessaires. Une mise à jour légère avec quelques ajustements mineurs coûtera environ 1000 euros, tandis qu'une rénovation complète d'une installation vétuste peut facilement dépasser les 7000 euros (incluant la création de circuits spécialisés obligatoires pour chaque gros électroménager : lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, four, congélateur, convecteur de salle de bains et chaudière, chacun nécessitant un circuit dédié protégé par un disjoncteur de 20 A ou un fusible de 16 A). Le tarif horaire d'un électricien agréé se situe entre 40 et 60 euros hors TVA, et vous devez prévoir entre 150 et 200 euros supplémentaires pour le recontrôle par l'organisme agréé.

Exemple concret : Madame Dupont a acheté une maison de 1975 à Florennes. Son rapport de contrôle révélait une résistance de terre de 45 ohms, l'absence de différentiels 30 mA et seulement un circuit d'éclairage pour toute la maison. Le devis s'élevait à 3850 euros : 850 euros pour l'installation de deux différentiels 30 mA en aval (mesure compensatoire obligatoire), 1200 euros pour créer un deuxième circuit d'éclairage câblé en 1,5 mm² avec fil de terre et protégé par disjoncteur 16 A, 1500 euros pour installer 4 circuits spécialisés pour ses électroménagers et 300 euros pour les schémas techniques. Grâce au taux de TVA réduit à 6%, elle a économisé près de 580 euros sur la facture finale.

Planifier le phasage financier dans le respect du délai légal

Si votre budget ne permet pas de tout réaliser immédiatement, établissez avec votre électricien un calendrier de travaux étalé sur plusieurs mois. Pour une installation antérieure au 1er octobre 1981 jamais contrôlée, vous disposez de 18 mois à compter de la date de l'acte authentique pour effectuer la mise en conformité. Commencez impérativement par les protections différentielles et la mise à la terre, éléments critiques pour la sécurité des occupants. Notez que certains éléments peuvent bénéficier d'exceptions : les prises non mises à la terre peuvent rester en l'état si leur alimentation ne contient pas de conducteur de protection, à condition de retirer les broches de mise à la terre (cette exception ne s'applique pas aux appareils de classe 1 nécessitant impérativement une terre).

Prévoyez deux à six semaines pour des travaux légers, mais plusieurs mois peuvent être nécessaires pour une rénovation complète. Si vous rencontrez des difficultés pour respecter le délai initial, vous pouvez demander une prolongation de douze mois supplémentaires auprès du SPF Économie via leur service en ligne. Cette demande doit être introduite suffisamment à l'avance et n'est pas accordée automatiquement.

Pour optimiser votre budget, profitez des avantages fiscaux disponibles. Les habitations de plus de dix ans bénéficient d'un taux de TVA réduit à 6% au lieu de 21%, à condition que les travaux soient facturés et réalisés par un entrepreneur enregistré. Renseignez-vous également sur les primes régionales comme Renolution à Bruxelles ou les aides wallonnes, qui peuvent alléger significativement votre investissement.

Conseil important sur les liaisons équipotentielles : Ne confondez pas liaison équipotentielle principale et secondaire. La liaison principale concerne la mise à la terre des éléments généraux (compteur d'eau, compteur gaz, chaudière, boiler, poutrelles métalliques apparentes) tandis que la liaison secondaire relie spécifiquement les éléments de la salle de bain (bac de douche, baignoire, radiateur). Dans tous les cas, utilisez un conducteur de minimum 6 mm² avec isolation obligatoirement de couleur vert-jaune pour assurer une identification claire et conforme.

Valider la conformité et sécuriser définitivement votre installation

Une fois les travaux terminés, généralement entre la dix-septième et la dix-huitième semaine après l'achat, vous devez organiser le recontrôle obligatoire. Prévenez l'organisme de contrôle initial de la fin des travaux en communiquant votre identité, la date de l'acte de vente et en confirmant que les modifications ont bien été réalisées. Un point crucial : le recontrôle doit impérativement être effectué par le même organisme agréé qui a réalisé le contrôle initial. Faire appel à un autre organisme constitue une infraction au RGIE, même si le second rapport reste juridiquement valable. Si ce recontrôle s'avère négatif, vous disposez alors de 12 mois à compter de la date de ce nouveau contrôle (et non plus de l'acte authentique) pour remédier aux infractions et faire procéder à une visite complémentaire.

  • Fournissez les schémas unifilaire et de position réalisés par votre électricien
  • Vérifiez que tous les circuits obligatoires sont présents : minimum deux circuits d'éclairage (câblés en fils de section minimale 1,5 mm² avec fil de terre obligatoire, protégés par disjoncteur maximum 16 A), circuits séparés pour les gros électroménagers
  • Assurez-vous que les liaisons équipotentielles sont correctement installées dans les salles d'eau (liaison secondaire reliant tous les éléments conducteurs avec conducteur 6 mm² vert-jaune)
  • Contrôlez la présence des différentiels 30 mA pour les pièces humides et les appareils comme le lave-linge (installés obligatoirement hors de la salle de bain et subordonnés au différentiel général)

Obtenir et conserver précieusement votre certificat de conformité

Après un recontrôle positif, vous recevrez enfin votre certificat de conformité, communément appelé "PV vert", valable pendant vingt-cinq ans pour une installation domestique. Ce document à valeur légale doit être conservé précieusement car il peut être exigé par votre assurance en cas de sinistre, lors d'une future vente immobilière ou par la commune lors d'un contrôle de salubrité.

Les conséquences du non-respect du délai légal sont particulièrement lourdes. Votre assurance habitation peut refuser toute indemnisation en cas de sinistre si l'installation électrique n'a pas été mise en conformité dans les temps. Le SPF Économie, informé par l'organisme de contrôle, peut imposer des mesures correctives ou des sanctions administratives. Dans les cas les plus graves, des sanctions pénales incluant des amendes ou même des peines d'emprisonnement peuvent être prononcées.

Face à la complexité technique et réglementaire d'une mise en conformité électrique, l'accompagnement par un professionnel expérimenté fait toute la différence. Chez SG-Engineering, nous intervenons régulièrement sur des installations non conformes dans la région de Florennes, en proposant une approche structurée qui respecte vos contraintes budgétaires tout en garantissant la sécurité de votre famille. Notre expertise couvre l'ensemble des prestations nécessaires, de l'analyse détaillée de votre rapport de contrôle à la réalisation complète des travaux, incluant la création des schémas techniques obligatoires. Si votre maison nécessite une mise en conformité électrique et que vous êtes dans notre zone d'intervention autour de Florennes, contactez-nous pour un diagnostic personnalisé et un accompagnement sur mesure dans cette étape importante de votre installation.